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Encyclopédie

Noms de personnes

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issus de la légende et de la mythologie

Airmed :

selon Ialon, N° 3, p 17: Airmed (Aremeda), phytothérapeute célèbre, fille de Diancecht (Dêvocaptos), médecin des Tûatha Dè Danan.

selon Ch. Guyonvarc'h : "littéralement 'mesure' : nom de la fille du dieu-médecin Diancecht. C'est elle qui, d'après le Cath Maighe Tuireadh ou 'Bataille de Mag Tured', cueille les plantes médicinales destinées à être jetées dans la Fontaine de Santé. Elle n'intervient que là".

JCE : compte tenu de la morphologie du mot et de la symbolique de la fontaine de santé, je pense qu'il est possible de rapprocher ce nom de celui de la déesse indo-iranienne Aramati, identifiée elle-même à Rhéa / Cybèle.

Fr. Le Roux et Ch. Guyonvarc'h dans le cadre d'une recherche concomitante, rapprochent eux-mêmes le nom Airmed de celui de l'indo-iranienne Aramaïti (Conversation téléphonique du jeudi 18 janvier 1996).

Dans l'ouvrage l'Iran antique, le nom apparaît sous la forme Spenta-Armaïti (Sipendârmidh) "l'abandon généreux", dans lequel la forme Airmed apparaît de façon quasi-identique. Il a également pour dérivé Isfandârmadh = fête des femmes. Voir ces noms.

Dans un courrier daté du 31 janvier 1996, Mr H. Hachémi, conseiller culturel à l'ambassade d'Iran de Paris, apporte les précisions suivantes :

" ... l'étymologie du terme <Armati> n'est pas tout à fait claire et les iranologues sont très partagés à ce sujet.

Dans la langue Farsi (persan) d'aujourd'hui le nom <Spandarmat>, <Spanta-armayti> se trouve sous les formes de <Sepandarmaz>, <Esfandarmaz> et <Esfand> qui désignent le douzième mois de l'année du calendrier persan..."

Allemands : dans les Romans, cet ethnonyme désigne apparemment les Alamanni. Il se peut toutefois qu'il désigne les Wisigoths ou les Suèves-Alemani qui leurs étaient soumis.

Ana , Anan, Dana, Deva Ana, Dôn : noms divers de la Grande Déesse celtique, identifiée à Brigit.

Fille et épouse du tout puissant Dagda (*dago-devo-s) = Le Bon Dieu, connu aussi sous le qualificatif Eochaid Ollathir = Le Père Universel .

Elle est connue sous les épithètes ou qualificatifs :

- Anan, déesse de la prospérité,

- Arianrhod : La Roue d'Argent;

- Bellisama : La Plus Belle, La Superbe, La Rayonnante;

- Boand : *bo vinda, La Vache Blanche, la Vache sacrée (voir attribut symbolique égyptien de Rhéa / Aramati)

- Brigit : La Brillante, déesse du feu et de la fécondité,

- Brigantia : La Très Brillante;

- Eithne, Etain : correspondant à Athéna (Minerve), La Foudroyante (aux cheveux de feu), émanation du Feu céleste tombé sur terre (soit une comète ou un météorite, soit une bombe volcanique).

- Modron (= Matrona) : La Mère (voir Cybèle);

- Tailtiu : La Terre.

Arimathie : nom issu de celui de la déesse mère indo-iranienne Aramaïti - Aramati.

Étude étymologique.

- selon P. Rivière. Le Graal. p 60 : Arima, en scythe = un, unité, unique; Théa = déesse.

- JCE : pourquoi pas Rhéa (déesse de la Terre) + mati = mère.

Voir aussi l'étude du nom de lieu, ainsi que celle concernant Joseph d'Arimathie.

Avenable : nom de baptême de Grisandole, fille du duc Mathem de Souabe, dépossédé par Frolle.

Ban de Benoïc : prince armoricain; frère de Bohor de Gannes. Époux d'Hélène et père de Galaad / Lancelot. Son fief est identifié à Binic (Étables sur Mer), c'est-à-dire le sud du pays Goëlo.

Blaire : nom d'homme, qualifié de riche prud'homme du pays de Carmélide, ou ont été hébergés Arthur et ses compagnons. Son épouse se nomme Lionelle. Ces personnages n'ont pas été identifiés.

Bohor de Gannes : prince armoricain; frère de Ban de Bénoïc. Époux d'Evaine et père de Lionel et Bohor le Jeune. Son fief est identifié à Dinan (Château Ganne), sur la Rance.

Bretel : chevalier du duc de Tintagel; servant d'Ygerne; compagnon d'Arthur.

Claudas : seigneur de la Terre Déserte. Il est à la fois voisin et ennemi de Léodagan de Carohaise, de Ban de Benoïc et de Bohor de Gannes. Il fait la guerre à Léodagan depuis 7ans (Merlin; XIX), c'est-à-dire depuis 467 à partir de la datation de la bataille de Carohaise. Cette indication correspond à la date de rupture du traité (foedus) des Wisigoths par Euric.

recherche à partir d'une étymologie latine : Claudius ?

Cette voie de recherche n'a pour l'instant abouti sur aucune réponse solide.

recherche à partir d'une étymologie germanique :

R. Coghlan a avancé l'idée que Clovis lui-même pourrait être un prototype de Claudas.

Cette assertion, sur la forme et sur la personne de Clovis, est rejetée par la chronologie. En effet, en 474, Clovis n'est âgé que de 9 ans et n'est proclamé roi des Francs qu'en 481.

Mais le fond de la réflexion mérite d'être retenu. Car, en effet, il est probable que Claudas soit un personnage important d'Aquitaine, congénère ou vassal d'Euric et agissant sur ordre et pour le compte de celui-ci. Il y a donc lieu d'étudier une étymologie germanique de ce nom et la racine qui répond est Hlod- : gloire, identique à celle de Clovis, Clotilde, Clodomir, Clotaire, etc. Sur l'objection qui pourrait être faite à partir du fait que le nom de Clovis est d'origine franque et non wisigothe, on peut répondre de façon absolument formelle:

- Clotilde n'est pas franque, mais burgonde,

- Claudas, même en Aquitaine, n'est pas obligatoirement un wisigoth. Il peut très bien être un franc aux ordres d'Euric. Son cas serait similaire à celui de Ponce Antoine, un gallo-romain aux ordres d'Euric.

La seconde syllabe du nom de Claudas est plus difficile à analyser, car elle constitue à l'évidence un reliquat plutôt qu'une terminaison ou une déclinaison de Hlod-. Mais le principe de la recherche demeure que ces noms germaniques sont essentiellement emphatiques ou symboliques.

La racine germanique hath-, had- = combat, (Dauzat. Noms et prénoms.., p 321) semblerait être la plus appropriée au personnage et à son époque, puisqu'elle servirait alors à désigner celui qui est glorieux au combat = Hlod-hath.

De la même façon, une racine adal- = noble, pourrait convenir pour un sens en noble dans (ou par) la gloire, en observant l'ancien nom de baptême Ascelin, issu du germanique Azzelin-, dérivé de Azzo, issu de noms en adal-, noble (Dauzat. Noms et prénoms.., p 13).

On peut faire une recherche à partir d'une forme évoluée de haid, cf. allemand heit = gai, serein. cf ancien français hait = joie; voir le nom de personne Adélaïde. Un interprétation en heureux dans la gloire serait admissible.

Pour la Terre Déserte, voir ce nom dans encyclopédie des noms de lieux.

Cléodalis : sénéchal de Léodagan. Ses armes sont d'azur à trois bandes d'or.

Copia ( Coupe; Corne d'Abondance) : autre appellation de Cybèle confirmée à Lyon.

Cybèle : déesse mère de Rome. Voir page spéciale dans encyclopédie des noms de personnes.

Dionysos / Liber Pater / Bacchus : Fils de Jupiter et de Sémélé, princesse thébaine. Pour échapper à la jalousie assassine de Junon, son épouse légitime, Jupiter dissimule le petit Bacchus dans sa cuisse, "où il le garde le temps nécessaire pour qu'il voit le jour" (Commelin. p 75). On peut donc dire que Bacchus est né, une deuxième fois, de la cuisse de Jupiter. Les conjectures sont ouvertes pour l'interprétation de ce mythe.

Dans la tradition arménienne, en partie héritière de la tradition iranienne (avestique), Dyonisos a pour nom Spandaramet, issu de Spandarmat < sp°nta-armaiti, divinité de la terre (Benveniste, tome II, p 182) (voir les correspondants de Cybèle).

Le greco-romain Bacchus / Dyonisos a été élevé par les nymphes du Mont Nysa (d'où son nom Zeus de Nysa = Dyonisos), divinités de fontaines, dites aussi Nymphes de Dodone, placées au ciel par Jupiter sous le nom de Hyades. L'instruction de Bacchus / Dionysos a ensuite été confiées aux Muses et à Silène.

Des Muses, il a acquis les Arts libéraux : histoire, musique comédie, tragédie, danse, élégie, poésie lyrique, astronomie, éloquence. Il est donc le prototype de l'artiste en éloquence, en musique, en poésie et en danse. De Silène, son père nourricier, lui-même fils de Mercure ou de Pan et d'une nymphe, il a appris la Philosophie et la sagesse

Attributs : les végétaux qui lui sont attribués sont la vigne, le lierre, le chêne, le pin (ou sapin). Dans le domaine de la symbolique animale: les tigres (... l'ivresse chevauche toujours la férocité. cf Mythographe du Vatican, II,18,10), le bélier ( Mythographe, II,19,1).

On pourra utilement comparer ces thèmes avec ceux de Cybèle, sa protectrice.

Rites : l'un des rites en l'honneur de Bacchus a retenu l'attention des observateurs: alors qu'aux autres dieux il est offert des libations avec du vin pur, à Bacchus, comme à Mercure, il est offert du vin coupé d'eau. (Commelin. p 80).

Sacrifices : on lui sacrifie le bouc, mangeur des pieds de vigne (D. Porte. Étiologie, p 72).

L'un de ses meilleurs élèves fut le satyre Marsyas, qui inventa la flûte et qui pour cela fut mis à mort sur ordre d'Apollon, maître de la lyre ou de la cithare. Commelin apporte une précision intéressante :, p 183 : " Pour les Grecs, la Lyre avait sur la flûte une indiscutable supériorité".

Le thème de Bacchus, comme celui de Dyonisos, est attaché à celui des nymphes des fontaines. Il peut donc désigner des endroits humides et dérivés.

On peut rechercher un thème indo-européen en b°k- , que l'on peut identifier :

- dans le sens ruisseau, cours d'eau : francisque bak-, norrois bek-, allemand bach = ruisseau; noms de rivières Bouille; Bebec; etc.

- dans le sens marais, marécages : gaélique bogach, anglais bog;

- dans le sens boue, matières boueuses : breton bouillen; français bauge;

Il est donc impossible de ne pas soulever la similitude des sens des racines Br°k- et B°k-, signifiant l'une comme l'autre des endroits humides ou marécageux.

Il a été proposé que Bacchus pourrait être un prototype de Brahmâ, Premier Être créé dans l'Univers, selon la tradition védique. Le Brahmane représente le spirituel, ou l'âme spirituelle distincte. Il incarne la Passion. Je pense que l'on peut adhérer à cette idée. En effet, si l'on recherche un thème br°k-, on peut retrouver la même racine que celle de Braec- dans Brécillien, expliquer le nom du fleuve Bramahpoutre, Fils de l'Etre suprême, tout en gardant l'idée de radiance, de jaillissement, propre à l'image de Bacchus sortant de la cuisse de Jupiter, représentation d'une source sacrée sortant d'une nappe phréatique (potentiel ou flux intérieur caché).

Du point de vue de l'iconographie, L. Pape dit que " les Osismes ... ignorent totalement Bacchus et son cortège de Satyres et de Silènes". Mais en contre-partie P. André cite une statuette de Bacchus en bronze à Plumergat, site du pays Vénète, dans le pays d'Auray, soit à 65 km au sud-est de Paule, mais à 5 km seulement de Brech, toponyme dont la racine est identique à celle de Brécillien ! La coïncidence est pour le moins intéressante.

Dyonas : nom du père de Viviane. Écrit en anglais Diones.

Il est selon les Romans, le filleul de Diane, elle-même déesse de la Lune et des marais (voir ce nom). L'étymologie du nom de Dyonas s'établit de la même façon que celui de Diane : il désigne une divinité masculine des marais : Devos-An-os. Le rapprochement avec le dieu grec Dyonisos, même s'il s'agit d'une aberration, est facile. Il s'agit en effet d'un prénom porté et connu.

Frolle / Frollo : il est dit duc d'Allemagne. Il commande à des Allemands (voir Alemanni). Il précise lui-même qu'il ' tient tout le pays jusqu'à la terre des Pâtures; .... Jusqu'à une statue nommée Laide semblance...".

Compte-tenu de ces indications, on peut dire qu'il semble être le même personnage que d'autres textes nomment le roi Rion (voir ce nom).

R. Coghlan, s'inspirant de Geoffroy de Monmouth, : " A roman tribune who ruled Gaul for the Emperor Leo. When Arthur invaded Gaul, he defeated Frollo in battle. Frollo retreated to Paris, outside wich city he was slain by Arthur in single combat. The Vulgate Lancelot makes him an ally of King Claudas and a claimant to the throne of Gaul. Elsewhere he is said to have been a German who became king of Gaul. In the Prose Tristan he had a son called Samaliel who eventually became a knight of great renown".

Cette identification à propos de Léon Ier permet de confirmer que le Jules César du Roman de Merlin est bien Jules Népos. Elle permet également, par cette interprétation aberrante qui confond Paris et Car-Is, de confirmer toutefois, a contrario de ses propres détracteurs, que le combat singulier entre Arthur et Frolle a bien eu lieu sur le continent et non en Ile de Bretagne.

La qualité de tribun, attribuée par Geoffroy à Frolle, n'a jamais été démontrée ni par écrit, ni par archéologie. Peut-être existe-t-il tout de même une relation au plus haut niveau de l'état sur ce fait. En effet, un indice du chapitre XII: Merlin en Romanie, laisse entendre que Jules César, après avoir fait exécuter sa propre femme pour trahison, avait pris pour femme Avenable / Grisandole, qualifiée de fille d'un duc d'Allemagne et qui s'était infiltrée à ses côtés, incognito, sous l'aspect d'un écuyer et sous habit d'homme. A. Micha apporte la précision qu'elle est la fille du duc de Mathem de Souabe, dépouillé par Frolle.

Ce genre d'opération d'infiltration par une femme déguisée en homme n'a été ni la première, ni la dernière du genre. L' Histoire en recèle même des croustillantes.

L'attitude de Grisandole est pour le moins équivoque car s'il elle avait à se plaindre de Frolle auprès de Népos, elle n'avait pas besoin de se déguiser ainsi. Peut-être alors agissait-elle sur ordre de Frolle, pour la sauvegarde de son père et de sa famille, prisonniers et otages de celui-ci. La question reste en suspend, mais permet d'établir un lien presque direct entre Frolle et Jules Népos, ce qui pourrait bien expliquer des zones d'ombres en ce qui concerne les alliances non avouées ou des arrangements bizarres entre les autorités impériales et les Wisigoths.

On peut apporter à l'appui de cette idée l'observation très juste de Fr. Hartog (Guerre des Goths, note 163, p 188-89) qu'Euric, roi des Wisigoths à l'époque de Jules Nepos "... ne reconnut du reste comme empereurs ni Anthémius, ni Olybrius, ni Glycère, ni Romulus Augustule, mais seulement Népos avec qui il négocia pour faire reconnaître ses conquêtes".

Le fief de Frolle, la Terre des Pâtures jusqu'à la Laide Semblance, n'est pas encore localisé.

Pour cette recherche sur le nom de Frolle / Frollo, on peut citer l'approche faite par Dauzat à propos d'un nom de lieu:

- Frolois, Côtes d'Or (Mil Frollensis 1038; Froolesium 1076-1098; Frolleis 1098-1100): semble formé du nom d'homme germanique Frutilo et du suffixe latin - ensis.

Dauzat et Rostaing proposent plusieurs éponymes germaniques qu'il serait également possible de rapprocher de notre Frolle / Frollo :

- Fredebod, éponyme de Frébécourt ? Fred, frithu, frid : protection, paix + bod : bald, audacieux ?

- Fridamund, éponyme de Froideterre ? Frid-: + mund : protection.

- Friddo, éponyme de Fravaux ? Frid-: + odo : richesse ?

- Fridila, éponyme de Frelinghem ? Frid-: + ila : ?

- Fridin, éponyme de Fretin ? Frid-: + ans : divinité ? ou + win : ami ?

- Frido, éponyme de Friville- ? Fronville ? Frid-: + odo : richesse ?

- Frit-hari-, éponyme de Fretterans ? Frit-: + hari : armée ? ou + gari : lance ?

- Frodegard, éponyme de Frugères ? Frod-: + gard : maison.

- Frodo, éponyme de Frohen- ? Frouville ? Frod-: + odo : richesse ?

- Frotbert, éponyme de Froberville ? Frot-: + bert : ours ? ou + behrt : célèbre ? brillant ?

- Frotgius, éponyme de Froges ? Frot-: + gius :

- Frothard, éponyme de Frouard ? Frot-: + hard : fort, dur.

- Frotmar, éponyme de Frocourt ? Frot-: + mar : renommé; illustre.

- Frotmund, éponyme de Fromont ? Frot-: + mund : protection.

- Frutilo, éponyme de Freulleville ? Frut-: + ilo : ?

- Fruto, éponyme de Frucourt ? Frut-: + odo : richesse ?

A. Longnon apporte également matière à réflexion:

- Fredulfus, éponyme de Saint-Froult (Charente Maritime) : Fred- + Wulf : loup ?

- Frodoaldus / Frodaldus, éponyme de Saint-Frézal (en Lozère) : Frod- + ald : haut, elevé;

De même E. Ekwall, pour la toponymie anglaise, cite le cas de Freola, éponyme de Frampton (en Gloucestershire, près de Tewkesbury). Freolintune DB, Freulintona 1175 : le Tun du peuple de Fréola. Il précise que ce nom Fréola est un dérivé normal de Fréo-, correspondant aux Vieil-allemand Frilo.

Il donne également Frithila pour éponyme de Frilford (le gué de Frithila), qui ressemble à s'y méprendre au Fridila cité ci-dessus par Dauzat et Rostaing.

Mais les plus parlants des exemples anglais semblent être les noms :

- Froyle (dans le Hampshire). Froli, DB; Froila 1167; Froile 1185; Frolia AA96; Frohull 1205; Froille 1230.

- Frobury (dans le Hampshire). Frolebiri 1185; Frolleberi 1186; Frolebir' 1212; Froille, -byr' 1236; Frellesbur 1249.

E. Ekwall les rattache à la colline de la déesse Frig.

Il est à remarquer que le Hampshire est un comté du sud, mais qui ne faisait pas encore partie du territoire jute-anglo-saxon à l'époque de Népos.

On peut donner quelques exemples de noms de personnes connues :

- Frédébale, roi des Vandales, capturé par Valia pour le compte d'Honorius.

- Froïla, frère de Blivila, ce dernier étant donné duc pentapolitain, de la tribu Sarmate, peut-être apparentés goths ? ( Fr. Hartog, Guerre des Goths, § 265 et p 219 et 221)

- Frithuwald, roi de Deira vers 597 Frith- : protection, paix + -wald : bois, forêt

Il est intéressant de noter que selon le Roman le territoire de Frolle s'arrête à une borne appelée la Laide semblance. Or, en Vieux-français, l'un des sens du mot Laide sert aussi à désigner une terre dévastée. Dans ce cas, on aurait un curieux rapprochement avec l'un des sens possibles du nom du fief de Claudas : la Terre déserte. On peut alors rapprocher aussi, toujours à partir du même auteur, le toponyme Froyelles, dérivé probable de l'ancien Français froier, briser (terres rompues, c'est-à-dire défrichées).

Si l'on oriente la recherche vers le secteur originel des Wisigoths, on peut alors trouver en Poitou, à 10 km plein sud de Parthenay, sur la commune de Saint-Lin, un toponyme la Frollière, dans l'aire de la Gâtine. Il reste à en vérifier l'ancienneté !

Pour la recherche sur le thème de la Laide Semblance, voir ce nom.

Mais il est possible d'étendre aussi la recherche à des territoires conquis et soumis par les Wisigoths, à savoir la Touraine et le Berry, après la défaite de Riothame à Déols en 469.

On trouve en Touraine plusieurs toponymes en Gâtine(s), ainsi qu'un toponyme Semblançay, qui est un nom de commune située à 20 km nord-ouest de Tours.

Pour étayer cette voie de recherche, il est bon de rappeler que Frolle est qualifié de félon, c'est-à-dire de traître, ce que ne sont ni Claudas ni Ponce Antoine, qui sont des sujets liges.

Ainsi, le personnage Frolle peut désigner quelqu'un qui a changé de camp, pour se mettre du côté du vainqueur. Il est donc possible qu'il s'agisse d'un responsable d'une unité militaire fédérée qui aurait opté pour Euric après sa victoire de Déols sur les impériaux.

Or, des unités suèves (Allemani) sont attestées sur la Loire, en Touraine et en Anjou.

Gauvain : L'un des principaux chevaliers de la Table Ronde. Fils de Loth et d'Anna et ainsi neveu d'Arthur.

Géants : Appellation énigmatique de plusieurs personnages des Romans. Le sens commun pourrait désigner des gens de taille plus grande que la taille courante. On serait tenté de penser à des Germaniques, ou peut-être à des Calédoniens, eux-mêmes issus de Germanie, selon Tacite (Vie d'Agricola). Mais on peut aussi y voir un sens symbolique, peut-être emphatique, d'un nom de peuple, lui-même inspiré d'un nom de divinité, comme cela était très souvent le cas, par exemple : le Très Grand, le Très Haut, le Suprême, etc. Dans l'ethnonymie bretonne des Iles, on peut penser aux Damnonii, aux Selgovae, aux Briganti. Dans l'ethnonymie germanique du Bas-Empire romain, on peut penser à tous les noms dérivés des théonymes Wotan ou Thor, voire aux Alamani (all = tous, l'ensemble, mann- = hommes, c'est-à-dire Le Peuple Suprême, le Peuple le Plus Grand, ...), ce qui conviendrait tout à fait à la désignation de Frolle confondu avec Rion.

Gorlois : Duc de Tintagel. Époux d'Igerne.

Grisandole : voir Avenable.

Guenièvre / Guennuera, Guenhuuara, Ganhumara, Ganhumera, Guenhumara :

autres formes : Geneviève (G. Geffroy. p 164);

Fille de Léodagan de Carohaise, elle épouse Arthur peu après la bataille de Carohaise, à l'âge de 16 ans. Elle devient ainsi reine de Bretagne (G.B et P.B). Elle a été accusée, à un âge déjà avancé, d'avoir eu une aventure avec le chevalier Lancelot, jugée pour cela, mais innocentée et relaxée. Elle est décédée, selon la Légende, deux ans avant Arthur, soit à l'âge de 74 ans environ.

Formes modernes : bretonne Gwenever; galloise Gwynhyfar, anglaise Jennifer,

Sens étymologique : blanche apparition, blanc fantôme (J. Markale, Le Roi Arthur, p 242).

Guitard (*wid = forêt(?); *hard = dur)

Selon Geoffroy de Monmouth, il est apparemment comte de la civitas Pictanorum, à l'époque wisigothe, pour le compte d'Euric. Battu par Hoël de Cornouaille, sur ordre d'Arthur (voir la note 8 du texte de présentation de Geoffroy de Monmouth décrivant le combat singulier entre Arthur et Frolle, concernant l'amalgame des thèmes d'Arthur et de Clovis). On le retrouve curieusement à la bataille de Saussy, commandant avec Holdin la deuxième division auxiliaire bretonne.

Hoël : Il est cité par Geoffroy de Monmouth, qui le qualifie de Hoël le Grand, duc de Bretagne et le dit fils du roi Boudicius (en breton : Beuzec !) et d'une soeur du Roi Arthur. Il soutient Arthur à Lincoln, Paris, à Saussy; reconquiert pour lui le Poitou, l'Aquitaine et la Gascogne.

Il s'agit manifestement d'un anachronisme ou d'une confusion à partir des noms de personnages historiques de Petite Bretagne Hoël et Alain, peut-être pour une recherche de légitimité arthurienne de ceux-ci. Voir en partie historique.

Pour mémoire, c'est Clovis qui a reconquis l'Aquitaine, du Poitou à la Gascogne, sur les Wisigoths. Clovis, en sa qualité de patrice honoraire, avait le soutient des Bretons, tant de Grande que de Petite-Bretagne.

Ivoine : voir Moine.

Ivoire : mère d'Ivoine, Ambroise Aurèle et Uther, et par conséquent grand-mère d'Arthur.

Joseph d'Arimathie / Arimathée :

Dans le Nouveau Testament (Matthieu, Marc, Luc et Jean) : Joseph est dit disciple de Jésus, mais en secret (!), car il était membre du Sanhédrin (tribunal suprême des Juifs). Joseph a recueilli le corps du Christ et l'a déposé dans son propre sépulcre.

L'introduction du personnage de Joseph dans les Romans est attribuée à Robert de Boron (A. Hoog, préface de Perceval, p 15), dont le but primordial était de prouver la réalité du Graal à travers sa relation au Christ.

Selon Robert de Boron lui-même, Joseph demeura dans sa terre natale (Le roman de l'histoire du Graal, A. Micha, p 65).

Cependant, la Légende et la tradition donnent à sa vie un cheminement différent.

Dans la Légende du Graal : Joseph d'Arimathie se serait embarqué en même temps que Maximin, Lazare, Sidoine et les saintes femmes Marie de Clopas, Marie Salomé et Sarah. Ils auraient débarqué près de l'oppidum Râ, ancienne forteresse engloutie dans la Camargue. C'est ainsi qu'il aurait transporté le Saint Graal de Palestine en Gaule puis, en passant par Brocéliande, aurait fini son périple à Glastonbury, dans le sud de la province romaine de Bretagne.

Or, toujours selon P. Rivière (Le Graal, p 74) : " Joseph d'Arimathie, le disciple secret du Maître, fut toujours représenté portant le bonnet phrygien dans l'imagerie populaire... C'est le bonnet des initiés aux mystères de Mithra et de Cybèle, la déesse mère dont le culte était primitivement célébré en Phrygie, sur le mont Ida. Avec Cybèle, toute la Tradition primordiale resurgit. En effet, nul mieux que cette déesse mère n'incarne les mystères de la nature..."

(idem, p 75)" Étant attribué aussi à Joseph d'Arimathie, il (le bonnet) souligne sa qualité d'initié et par là même de dépositaire de l'antique Tradition bien que 'disciple secret' du Christ. C'est pourquoi le mystère enveloppant son périple en Gaule fut si bien conservé."

Cette relation avec le principe de Cybèle est reprise à nouveau par le même auteur (p 66) à propos des Saintes-Maries : " Les Saintes-Maries sont effectivement liées au culte de la Mère car ce lieu (Camargue) est d'origine lunaire. Selon l'historien et géographe antique Strabon, un temple dédié à Diane s'élevait à cet endroit au-dessus de l'oppidum Ra. D'après Laurence Talbot, oppidum Ra, loin de suggérer le soleil (en égyptien Râ, et non Ra !), désignerait bien plutôt un fort comme ceux couronnant les statues de l'Arthémise-Rehne, la déesse mère des Thraces, rappelant évidemment Cybèle et sa couronne de tours (qui lui valut le nom de Mater Turrita chez les Romains)."

La notion de fort (endroit fortifié) est confirmée par la forme Ratis (L.A Constant, p 11), mot celtique désignant une enceinte fortifiée, et présent en gaulois (Rata, Ratis), en britonnique (Rath-, Ratae Coritanorum) et en gaélique (Rath, Raith). Voir M. Mordiern, Gelted Coz, p 302.

Dans un petit ouvrage publié pour le compte du Syndicat d'Initiatives d'Arles, en 1926, sous la plume de J. Bourrilly, on peut lire en page 43 à propos de l'église Notre-Dame la Majeure, que celle-ci a été construite à l'emplacement de celle consacrée au Vè siècle par l'évêque Ravenius, elle-même " ... édifiée sur un temple romain à la Bonne Déesse... On a trouvé sur son emplacement un cippe dédicatoire à la Déesse ...". Ce cippe se trouve au musée lapidaire de la ville. Or, la terminologie est claire : Bonne Déesse désigne Bona Dea, autre qualificatif de Cybèle. Le nom actuel de l'église lui-même, N-D la Majeure, est une traduction directe de Magna Mater, 'la Mère Suprême', autre désignation symbolique et sans équivoque de Cybèle.

Les indications de J. Bourrilly ont été reprises par L.A. Constant, p 22-23 : "Notre-Dame de la Major : c'est là qu'a été découvert, en 1758, un autel dédié à Bona Dea... "

Autrement dit, quel que soit le chemin étudié, le thème de Joseph d'Arimathie est systématiquement recoupé par celui de Cybèle. Or, il a déjà été établi une identification entre Rhéa elle même identifiée à Cybèle et Aramati, nom de la divinité de la terre, en langage avestique (indo-iranien).(voir ce nom).

Ainsi, puisqu'il apparaît par ailleurs que le nom de Joseph ne peut pas être rattaché à un nom de ville Arimathie, qui n'existait pas sous ce nom à l'époque du Christ, la réponse est qu'il ne s'agit donc pas de Joseph habitant de la ville d'Arimathie, mais de Joseph l'initié d'Aramati (Cybèle).

La recherche d'identification qui a été tentée entre Joseph d'Arimathie et Saint Trophime d'Arles est stérile et vouée à l'échec. Le premier vivant à l'époque du Christ, est représenté coiffé d'un bonnet phrygien, identifiant un servant des cultes de Mithra et Cybèle, le second, de l'époque de l'empereur Dèce, étant représenté en évêque, coiffé d'une mitre et tenant la crosse (voir passage de L.A Constant, dans Arles, p 36).

Laudine : Selon Chrétien de Troyes: Laudine de Landuc, fille du duc Laudunet, épouse du Chevalier Noir, Esclados le Roux, homme blond (!), seigneur du Château Étincelant. Elle est qualifiée de Dame de la Fontaine (de Barenton), Dame du Château. Elle est la maîtresse de Luned / Lunette, laquelle joue le rôle d'intermédiaire qui aboutit à son remariage avec le chevalier Owain. Luned est aussi la cousine de Viviane, qui lui apprend des tours de magie.

Pour le Château Étincelant, on pourrait orienter la recherche vers un toponyme se rapprochant de Castel-(G)lew ou un Ker-(G)léo = Kerléo ?.

Quant à la relation de personnes Viviane / Luned / Laudine, celle-ci permet de mettre en relation les thèmes de Brocéliande et de Barenton, c'est-à-dire en fait de Brécillien / Saint Symphorien / Castellodic - Kastell Bras.

Léodagan : Selon le Roman, roi de Carohaise, en Carmélide.

Père de Guenièvre et par voie de conséquence beau-père d'Arthur.

Étymologie incertaine.

- à partir d'une hypothèse celtique, on pourrait proposer :

*Leo = (G)lew = lumineux, brillant;

+ *dag- = bon, généreux + -an = (hypocoristique). Cette racine -dag- a en effet servi en composition de noms de personnes : Cunnedag / Cunedda = Bon Prince; Hywel Dda = Hoël le Bon, etc.

Il existe également un mot vieil-irlandais *ag, identique à un mot grec agôn, issus tous deux d'une racine indo-européenne signifiant lutte, combat, concours. Voir infra.

- à partir d'une hypothèse germanique, on pourrait proposer :

*Hlod- = gloire. Cette racine se trouve souvent chez les Francs : Chlodo-mir, Chlodo-vic, Chlot-hair, mais aussi chez les Burgondes : Chloth-ilda. Voir proposition pour identification de Claudas = Hlod-Hath ?

+ *akon = cette racine semble proche du nom de personne Aiquin (La Chanson d'Aiquin). Le commentateur, J-C Lozac'hmeur, dit que le nom Aiquin répond au germanique Acwin ou Agiwin ( p. 26).

Si l'idée d'un chef germanique à Carhaix peut froisser certaines sensibilités, à cela je peux soulever à titre d'exemple la recherche étymologique du nom de Fragan, donné traditionnellement pour être un pur breton insulaire et qui aboutirait pourtant à identifier une racine Frank-, désignant alors, selon toute vraisemblance, un insulaire ayant une origine ou une ascendance franque, sachant que des Francs avaient été également stationnés en Ile de Bretagne. Déjà dès la fin du IIIè siècle Carausius disposait d'éléments auxiliaires francs. De toute façon, des Francs étaient installés à l'extrême ouest armoricain, la plupart en tant que lètes. Voir Notitia Dignitatum.

Du point de vue purement linguistique, on objectera qu'il manque un w entre le k et le o de akon et que le son ainsi obtenu est différent, ce qui met en difficulté cette recherche.

En remontant plus loin dans le temps, on peut proposer par ailleurs deux racines indo-européennes :

- *agos : conducteur. Un dérivé en *agon ne serait pas impossible et permettrait un nom de personne à valeur symbolique : le Guide glorieux.

- *ag- : lutte, combat, concours. cette racine est présente en vieil-irlandais *ag < combat, lutte et en grec agôn = combat, lutte, concours (X. Delamarre, vocabulaire indo-européen, p 83). Le sens serait alors : le combattant glorieux, solution emphatique tout à fait constante et satisfaisante dans l'anthroponymie germanique.

Geoffroy de Monmouth donne aussi le nom d'un certain Leodegarius. Des divergences existent à propos de son fief : Hoiland = Bolonie ? Bolwyn ? Boulogne ?

Léonce de Payerne / Paërne : sénéchal de Ban de Benoïc; régent en son absence.

Léonce est un prénom utilisé à cette époque. On peut citer le cas de Pontius Leontius, cité par Sidoine Apollinaire et identifié à un seigneur de la famille de Bourg sur Gironde. Voir ce nom.

Le nom Payerne semblerait pouvoir être issu soit de :

- *pagus-(k)ern ? = pays de Kern ? (Kerné ? presqu'île ? cairn ? ...)

- *pagus-Erné ? = Irlande ?

Le débat reste ouvert !

Lionelle : Épouse de Blaire (voir ce nom).

Loth : Beau-frère d'Arthur, par son mariage avec Anna, soeur de celui-ci. Père de Gauvain et de Mordred.

Mathem de Souabe : Personnage cité dans Merlin et Grisandole (texte complémentaire à celui de Robert de Boron, présenté par A. Micha, p 204). Père d'Avenable / Grisandole. Il s'agit apparemment d'un roi Suève, si l'on tient compte de l'étymologie du nom de Souabe. Il aurait été dépouillé de sa terre Mathem de Souabe par Frolle et se serait réfugié à Montpellier. Une démarche auprès de la Bibliothèque Municipale de Montpellier n'a pas permis d'en savoir davantage pour l'instant.

Merlin (Merlinus ?) :

1. Merlin personnage historique :

Il s'agit d'un personnage gravitant au plus haut niveau de la hiérarchie politico-militaire de la nation britto-romaine de l'époque d'Uther et d'Arthur (dernier quart du Vè siècle).

Du point de vue militaire, il assure le commandant de la cavalerie britto-romaine (penn dragon = magister equitum) et spécialement le commandement de la compagnie de cavalerie affectée à la garde rapprochée et à la formation militaire du jeune roi Arthur.

Du point de vue politique, il est qualifié 'conseiller d'Arthur'. En fait, c'est lui qui assure les tractations pour le compte d'Arthur, césar présomptif pour l'Occident, auprès de Jules Népos. De cette intervention auprès du césar Jules Népos est née l'aberrante interprétation que Merlin était un magicien capable de circuler dans le temps et l'espace, par suite de la confusion avec Jules César (Caius Iulius Caesar), mort cinq cent ans auparavant. Ne pas confondre non plus avec le barde Myrddin qui vivait plus d'un siècle plus tard. Voir ce nom.

Recherche étymologique : On a dit tellement de choses également aberrantes sur le sujet qu'il convient de reprendre cette recherche à sa racine et rappeler d'emblée que comme il s'agit à propos de Merlin d'une confusion de plusieurs personnages qui ont vécu à des époques différentes, il n'y a pas lieu de rechercher forcément la même étymologie pour chaque nom, même s'ils nous sont parvenus sous des formes identiques ou très voisines, ces noms pouvant très bien provenir d'origines différentes.

Ainsi, pour le Merlin historique, je pense que nous ne sommes pas obligés d'emblée d'orienter notre recherche sur le nom de la ville galloise Carmarthen / Caerfyrddin comme on le fait couramment, qui dérive d'un castrum-Moridunum et qui signifie forteresse (dun) située près de la mer (Mori), même si on a pas à la rejeter d'office. Il ne semble pas que nous ayons d'autres exemples de noms de personnes de cette époque issus de toponymes. S'il s'agissait d'une déclinaison servant à désigner un personnage originaire de Moridunum, nous aurions très probablement un prénom normal suivi de l'épithète moridunensis.

2. Merlin personnage légendaire :

K. Jackson, Gododdin. p 49. N 1: " Le conte parlant du prophète fou qui vivait dans la forêt et que l'on consultait à propos du futur est une légende migratoire issue de sources variées. Elle était connue en Strathclyde au moins dès le début du douzième siècle, mais son héros était connu sous le nom de Lailoken. L'histoire galloise de Merddyn possède de nombreuses relations avec la légende de Lailoken, qui très probablement passa du Strathclyde au Pays de Galles Wales, où le nom du prophète Myrddin lui fut substitué; mais il n'y a pas de raison de penser que cela s'est produit rapidement, et certainement pas aussi tôt que le Gododdin".

Recherche étymologique : Il faut rappeler que le nom donné à Merlin par sa mère est celui de son grand-père maternel. Il ne désigne donc pas l'enfant en lui-même, puisqu'il s'agit d'un nom de tradition familiale. C'est donc dans cette tradition qu'il faut en chercher l'explication, soit parce qu'elle désigne une situation sociale, une origine ethnique, ou une caractéristique physique ou physionomique propre à cette famille.

La Villemarqué (Myrdhin, p 16 et suiv. propose plusieurs variantes du nom : Marthin, Myrdhin, Marzin, Meller / Melziar, Merlin ... qu'il fait dériver d'un nom de dieu Marsus, qui aurait donné le nom de peuple Marsi, dont serait issu un nom commun marse pour désigner un enchanteur ! Cette vision des choses a déjà fait long feu depuis longtemps.

JCE : Il existe un mot anglais Merlin, correspond au gaélique Meirliùn, qui désigne un oiseau rapace dont le nom latin est Falco colombarius. Il s'agit d'un petit faucon des landes et des montagnes, qui se nourrit de petits oiseaux (101 birds of Ireland, par Gerrit van Gelderen. Bord Failte - Irish Tourist Board). Si le mot est d'origine gaélique, on peut souligner le fait que la présence d'Irlandais est attestée sur les côtes de l'actuel Pays de Galles à l'époque du Bas-Empire romain. L'un d'eux a d'ailleurs été reconnu sous le nom de Vortipor (Grand Protecteur) à l'époque de Cunedda (vers 425). C'est également pour lutter contre eux qu'avait été engagé ce clan de Cunedda, les Manau Gododdin, situé du côté barbare du Mur d'Hadrien. S'il semble bien que ces Irlandais ont été soumis, rien ne prouve qu'ils ont été chassés du pays. Autrement dit, on peut trouver à cette époque des traces d'anthroponymie irlandaise dans l'actuel Pays de Galles. On peut souligner une autre relation entre Merlin et l'Irlande : selon la Légende, c'est lui qui va en Irlande chercher les pierres qui ont servi à construire le Cercle des Géants. D'un autre côté, il se trouve que Falco est bien un prénom romain bien connu et utilisé de tous temps. On trouve en breton le nom de famille Falc'hun. Peut-on alors penser à une métaphore, à une traduction codée, ou un nom à clef ? Sujet à creuser.

Moine : selon le Légende, il est le fils aîné de Constant, 'roi de Bretagne', et frère d'Ambroise Aurèle et d'Uther Pendragon. Il a été assassiné sur ordre de Vortigern.

Selon R. Coghlan, de son vrai nom Ivoine, nommé également Constans. Fils d'Ivoire et frère aimé d'Ambroise Aurèle et d'Uther Pendragon (R. Coghlan, p 163). Compte tenu de la chronologie, il est possible d'évoquer une identification avec un certain Magnus d'origine narbonnaise, magister officiorum de l'empereur Majorien, en 458.(L.A. Garcia Moreno; p 263). Peut-être Félix Magnus (?).

L'étymologie peut donc varier selon la forme proposée:

- Moine pourrait être une forme évoluée de Magnus; Ce nom rappelle effectivement celui de Maxime (Wledig) : Magnus Clemens Maximus Augustus, empereur de 384 à 388 et qui aurait pu être repris par la descendance;

- Ivoine pourrait être une variante de Eu-wen = Eu-genius, nom également porté, par exemple l'usurpateur Eugène, puis par Owein, nom de l'un des chevaliers de la Table Ronde.

Mordred : Fils de Loth et d'Anna; frère de Gauvain; neveu d'Arthur. Le combat entre Arthur et son neveu Mordred marque le point culminant de la tragédie nationale des Bretons de Grande Bretagne, entamant définitivement, sans aucune possibilité de rétablissement, la dislocation politique et territoriale de la Bretagne romaine. Voir aussi Camlann.

Myrddin : Barde breton de la moitié du VIè siècle, qu'il ne faut pas confondre avec Merlin. Il est aussi connu sous le nom de Merlinus sylvester. Le thème de ce personnage est attaché à celui de la bataille d'Arderyd, dans les marches nord de la Bretagne romaine et datée de 573 par les Annales de Cambrie. Pour J. Markale (Merlin l'Enchanteur, p 66), il s'agit du barde domestique du roi breton Gwenddoleu, lequel a été tué dans cette bataille.

Niniane / Nimue : autre nom donné de Viviane. voir ce nom.

JCE : Il serait intéressant de rapprocher ce thème de celui de Nemesos, divinité celtique des fontaines et qui est entre autres, éponyme de la ville de Nîmes, ou de Nomios, titulaire d'une fontaine au Mans. voir ce nom.

J. Markale, Merlin l'Enchanteur, p 116, rapproche le nom Nimue du celtique *nem = ciel (gall nef, bret nenv, gaél niamh), pour tenter une explication par 'céleste'.

Nomios : dans la mythologie grecque, Nomios est fils d'Apollon et de Cyrène; il est protecteur des troupeaux (Dornic. Maine. p 12). Titulaire d'une fontaine sacrée au centre ville du Mans gallo-romain. Pour les mêmes raisons que Numi, il serait intéressant de rapprocher ce thème de celui de Nemesos, divinité celtique des fontaines, éponyme de la ville de Nîmes.

Ponce Antoine (Pontius Antonius ?): selon les Romans, il est qualifié de conseiller de Rome. Il est possible qu'il s'agisse d'un gallo-romain d'Aquitaine, sujet d'Euric le Wisigoth. Il semble clair en effet pour les historiens qu'une bonne entente régnait entre les deux ethnies.

On peut citer à ce propos G. Bordonove, p 121: "(Euric) Il employait volontiers des Gallo-Romains. Il les agrégeait dans son armée où, semble-t-il, ils servaient avec loyauté".

De même, on peut relever les propos de l'auteur chargé d'étudier les moeurs des Wisigoths, dans le cadre d'Encyclopaedia Universalis, tome 23, p 866 :

" ...il faut donc se résoudre à admette, dans l'état actuel des connaissances, que, durant leur séjour aquitain et septimanien qui a duré près d'un siècle, les Wisigoths ne se sont pas distingués des populations indigènes gallo-romaines ni par des coutumes funéraires propres, ni par une culture matérielle spécifique, comme les Burgondes, au temps de l'indépendance de leur second royaume en Gaule (443-534). Les Wisigoths vécurent 'à la romaine' aussi bien dans les villes que dans les domaines ruraux où ils étaient répartis ..."

On rappellera aussi qu'après avoir lutté contre Euric, Sidoine Apollinaire, par la suite devenu sujet du roi Wisigoth par décision impériale, était bien obligé de ravaler sa fierté et de solliciter et d'attendre les faveurs du roi barbare et arien pour retrouver son siège épiscopal de Clermont. Il a donc fini par faire lui-même ce qu'il pouvait reprocher à d'autres auparavant. N'oublions pas que Sidoine Apollinaire avait eu aussi des fonctions politiques de très haut niveau de l'état romain, puisqu'il avait été préfet de la Ville.

Dans l'optique d'une recherche sur l'Aquitaine wisigothe, je peux pour l'instant indiquer deux voies de recherche, à savoir :

1. Il existe à une vingtaine de kilomètres au sud de Saintes une ville nommée Pons, au passage d'une voie gallo-romaine sur la rivière Seugne. Il se trouve qu'un seigneur de cette ville s'appelait Antoine de Pons, nom qui contient les mêmes appellations, quoique inversées, que celui de Pontius Antonius. Ce personnage Antoine de Pons, comte de Marennes, vivait au XVIIè siècle et se trouve donc du point de vue chronologique extrêmement éloigné de l'époque de Pontius Antonius du roman de Merlin. Mais l'indice reste intéressant puisqu'il a été découvert à Chadenac, à 9km au sud-est de Pons, il y a peu de temps, une importante nécropole wisigothe (1000 tombes ?). Antoine de Pons était marié à Anne de Parthenay, proche de Renée de France, fille de Louis XII et Anne de Bretagne. Une nièce, Catherine de Parthenay, avait épousé le baron de Pont-Kuellevé (ou Kuelonec), puis le vicomte de Rohan. Les relations entre ce pays et la Bretagne sont donc établies, quoique à une époque beaucoup plus tardive que celle qui nous intéresse.

2. Sidoine Apollinaire nous apporte l'identité d'un personnage, parce qu'il est son contemporain et avec lequel il a d'excellentes relations, à savoir un certain Pontius Leontius, très riche et très courtisé seigneur de Burgus (identifié avec Bourg sur Gironde, non loin du confluent de la Garonne et de la Dordogne). A. Loyen dit à son propos (note 1, p 193): " Pontius Leontius, neveu ou cousin de saint Paulin de Nole, était, au temps de Sidoine, par la richesse comme par la naissance, le premier des Aquitains. Il semble être descendant de Pontius Paulinus, fondateur de la dynastie des Pontii, dans les premières années du IVè siècle, et apparemment d'origine italienne." (Voir les notes d'A. Loyen, traducteur de Sidoine, Carmen XXII).

La localisation de Burgus à Bourg sur Gironde, au confluent de la Garonne et de la Dordogne, tend à démontrer que des 'Romains', qui pour la plupart étaient en réalité des Gallo-romains d'Aquitaine, y compris des seigneurs de très haut niveau, se sont trouvés sujets du roi wisigoth Euric et ceci dans le cadre du traité de 418 étendu en 455 puis en 462. Ils ont donc, en vertu des lois politiques, obéi aux ordres de ce roi, fût-il barbare, puisqu'il était leur suzerain, reconnu par l'empereur de Rome lui-même. Ils se sont donc trouvés en situation d'avoir à faire la guerre, pour le compte d'Euric, leur suzerain, à d'autres gallo-romains, leurs compatriotes et souvent frères de race.

Cette tragédie a parfaitement été décrite par Sidoine dans sa lettre à Calminius, lui-même arverne de Clermont, contraint de participer aux attaques des Wisigoths contre sa propre ville natale.(Lettre XII). Or, compte-tenu de l'intégration réciproque des Wisigoths et des Gallo-romains d'Aquitaine comme nous l'avons vu ci-dessus, on peut toutefois se demander si Calminius agissait bien contre son gré. Après tout, Sidoine était aussi un stratège politique et dans le cas présent, on pourrait très bien supposer, selon nos termes modernes, que sous des apparences de chagrin et de pardon, il tente en réalité une opération d'intoxication ou de déstabilisation par le biais de Calminius. Après tout, il ne nous donne pas la réponse de Calminius, ce qui laisse chacun libre de l'interpréter comme il l'entend, soit en pour, soit en contre.

Ce passage de Sidoine Apollinaire permet ainsi d'expliquer par extrapolation pourquoi le texte de la Bataille de Carohaise dit avec tant de courtoisie à propos de Ponce Antoine, alors qu'il s'agit en réalité d'un ennemi attaquant, qu'il était " le conseiller de Rome, ....., un très bon et preux chevalier...".

La certitude que l'on peut tirer de cette réflexion est que Sidoine Apollinaire est à la fois contemporain de Pontius Antonius et de Pontius Leontius. La question qui demeure toutefois est de savoir si ces deux personnes sont ou non apparentées.

Par courrier en date du 28 janvier 1996, Mr P. Bistaudeau, agissant à la demande de l'association des Amis du Vieux-Bourg (Bourg sur Gironde), apporte les précisions suivantes :

                    

" Grâce aux poèmes d'Ausone, de Paulin de Nole, de Sidoine Apollinaire et de Fortunat, nous savons que la famille des Pontii n'a cessé de jouer un rôle éminent en Aquitaine, durant toute l'antiquité.

Nous connaissons trois groupes de personnages :

1. Pontius Paulinus (Paulin de Nole) (353-431);

un de ses frères mort en 389 ou 390;

un autre frère, encore vivant en 394.

2. Pontius Leontius, visité par Sidoine Apollinaire en 463;

Pontius Leontius, son fils.

3 Amelius, évêque (après 511 - avant 541);

Léonce l'ancien, évêque (541 - ?);

Léonce le jeune, évêque (après 549 - avant 574).

Malheureusement, il n'est pas possible d'établir de liens précis entre ces trois groupes. Ponce Antoine appartient, très vraisemblablement à la famille des Pontii (il n'y en a pas d'autre en Aquitaine), mais il ne me semble pas possible, pour le moment, de le rattacher de façon certaine à l'un des personnages que nous connaissons...."

                    

La prudence de Mr  Bistaudeau est parfaitement compréhensible. Mais, par son propos, il nous apporte tout de même une confirmation: Ponce Antoine est très probablement issu de la famille des Pontii, donc originaire d'Aquitaine !

Rion ( Rience, Rhitta, Ricca, Rith) :

Dans le Roman de Merlin, de Robert de Boron, c'est Rion qui fait la guerre à Léodagan et qui est dit seigneur de la terre des Pastures et des Géants. Il est le possesseur d'une épée appelée Marmiadoise. Il présente donc les mêmes caractéristiques que Frolle, avec lequel il semble ne faire qu'un (voir ce nom). Le schéma de la bataille donné par Robert de Boron correspond également à celui de la bataille de Carohaise (p. 190-191) : la ville du roi Léodagan, dans laquelle se trouvent aussi des Bretons (dont Arthur et Merlin), est assiégée par des troupes ennemies. Finalement, ce sont les assiégés qui mettent les assiégeants en fuite.

Dans le texte des Romans de la Table Ronde, de Jacques Boulenger (Merlin l'enchanteur, ch.XLI, le Roi Rion), celui fait parvenir une lettre dans laquelle il affirme être seigneur de tous les chrétiens et de toute la terre d'Occident, ... et avoir déjà soumis 25 rois.

Recherche étymologique :

- du germanique *ric- = roi. Les formes Rhitta et Ricca permettent de suggérer qu'il s'agit d'un wisigoth.

- En langue allemande, le mot Géant se traduit Riese.

Recherche d'identification : compte-tenu de la symbolique du nom et de sa domination à des rois chrétiens, on peut penser à un consul, un patrice, ou un chef barbare fédéré dépositaire d'une portion du territoire de l'Empire?

S'agirait-il d'Euric lui-même ? Si l'on fait l'addition des cités gauloises et chrétiennes soumises à Euric le roi des Wisigoths, nous avons : Poitiers, Saintes, Angoulême, Bordeaux, Agen, Toulouse, Bazas, Lectoure = 8 + la Novempopulanie = 9 + Tours, Bourges, Limoges, Périgueux, Rodez, Mende, Cahors = 7, l'ensemble totalisant ainsi 24, nombre très proche des 25 prétendus. Cette énumération reste cependant conjecturale, car à cette époque, plusieurs cités gauloises ont déjà été fondues ou réparties entre des cites voisines plus importantes, ce qui tend à diminuer le nombre ainsi obtenu. Mais on peut en contre-partie ajouter les cités de Narbonnaise et la Tarraconaise déjà tombées sous la coupe d'Euric.

Dans le chapitre de la Bataille de Carohaise, il est dit que Frolle est âgé de 42 ans. Cet indice ne permet pas de recoupement, car il semble que Euric soit né vers 420 et qu'il aurait dans ce cas été âgé de 54 ans en 474.

Riothamus : Homme de guerre breton qui a répondu à l'appel de l'empereur Anthémius (et par voie de conséquence à Sidoine Apollinaire alors préfet de la Ville) et qui a, en 469, conduit une armée bretonne contre les Wisigoths d'Euric, mais qui s'est fait battre à Déols, près de Châteauroux.

L'identité de Riothame n'apparaît guère dans les documents. Il est surtout connu en tant que dédicataire d'une lettre écrite par Sidoine Apollinaire 'à son cher Riothamus', pour se plaindre des méfaits de soldats bretons à l'égard de l'un de ses amis. Cette lettre aurait été écrite, selon A .Loyen, de Lyon en 470.

A. Loyen dit en note que Riothamus, le correspondant de Sidoine, était roi des Bretons, réfugiés de Grande Bretagne dans le tractus armoricanus. Le propos est désormais caduque.

Compte tenu de l'importance des ses troupes, il ne semble pas possible de dire qu'il s'agisse d'un breton-armoricain. On peut apporter au moins deux raisons fondamentales à cela :

- A l'époque qui nous intéresse, les Bretons n'avaient pas encore donné leur nom à la portion d'Armorique dans laquelle ils avaient été stationnés; autrement dit, l'indication Bretagne ne peut désigner que l'Ile de Bretagne.

- Jordanès nous dit que Riothame est venu de l'Océan pour rejoindre Bourges. Cette indication est suffisante pour désigner la Grande Bretagne, car pour venir de Petite Bretagne à Bourges, point n'est besoin de prendre le bateau !

C'est une aberration totale que de croire que l'on ait pu envisager une expédition de 12000 hommes embarqués, de toute évidence à partir de Portus Adurni / Portchester en direction de l'embouchure de la Loire. Le trajet est bien trop long et aléatoire, ne permettant aucune attaque par surprise ni aucune organisation d'attaque ni de défense. Les Wisigoths n'avaient même pas à attendre que cette flotte ait pu remonter jusqu'à Bourges, chose en elle-même impossible, puisque par ailleurs ils étaient déjà maîtres, en toute légalité, de la rive sud de la Loire, dans la cité des Pictones, dont le pays de Retz, de l'autre côté de Nantes. S'est-on posé seulement la question sur la façon de faire remonter la Loire à une telle flotte, après les limites de la marée océanique au fond d'un estuaire navigable de 56km, de 83 km sans écluse ! (M. Grandin, p 191), c'est-à-dire au grand maximum jusqu'à Ancenis surtout quand on sait le caractère capricieux, l'assèchement et l'ensablement de cette rivière en été ? Et après Ancenis, comment fait-on pour rejoindre Bourges ? La vérité est que cela est impossible. Et d'ailleurs, si cela avait existé, on l'aurait su depuis longtemps. Seulement voilà, le fait n'est relaté par aucune chronique ni tradition. Aucun élément historique ni archéologique ne vient appuyer cette thèse. La Loire n'est pas la Seine et nous ne sommes pas encore à l'époque des Vikings ! Même ceux-ci, sur la Loire, à bord de leurs drakkars à faible tirant d'eau, se sont installés dans l'Ile Batailleuse, en face de Saint-Florent-Le-Vieil, en amont d'Ancenis et ne sont pas remontés plus loin qu'Angers, les attaques sur Poitiers, Blois, Tours, Orléans, Chartres, ne pouvant se faire que par voie terrestre.

En tout état de cause, la route normale pour rejoindre Portus Adurni / Portchester à Bourges passe par le Tréport, Paris et Orléans. Le traversée entre la (G)Bretagne et la baie de Somme est de loin la route maritime la plus sûre entre l'Ile et le continent, ceci d'autant que ce secteur est sous contrôle Franc et qu'à cette époque Francs et Bretons sont alliés dans le cadre du Bas-Empire. Cette route maritime est exactement celle suivie par Maxime en 383, du nord au sud et par Guillaume le Conquérant en 1066, du sud au nord. Bourges est à équidistance, 570 km à vol d'oiseau, de l'embouchure de la Loire et de celle de la Bresle. La stratégie a vite fait le choix !

Plusieurs propositions ont été faites pour tenter d'identifier Riothame :

G. Ashe cherche à l'identifier à Arthur, sous prétexte que son nom signifie Grand-Roi.

R. Morgan semble vouloir l'identifier à Uther.

L. Fleuriot pense à Ambroise Aurèle.

J'adhère par ailleurs entièrement à l'idée émise par L. Fleuriot, puisqu'il est clair que c'est Ambroise qui, connu en gallois sous le nom d'Emreis Wledig, a succédé à Vortigern et a commandé en Grande Bretagne pendant la décennie suivante.

Sagremor : Il est dit fils d'un roi de Hongrie et membre de la famille impériale de Constantinople.

Étymologie :

La première partie du nom semble se retrouver dans le nom de personne Syagrius : Syagr ? = du germanique *Sigo- ? = victoire ? nom allemand Sigur ?

La seconde partie semble alors pouvoir se rattacher au germanique *-mer = renommé. Voir Ricimer, Simar, Ulmer, ...

Un Flavius Syagrius fut consul de Rome avec Flavius Eucherius en 381. Un autre personnage très connu de l'histoire fut le fameux Syagrius, roi des Romains du nord de la Gaule, rival malheureux de Clovis.

Sulpice (Pape) : Geoffroy de Monmouth laisse entendre que Gauvain, fils de Loth, aurait été mis au service du pape Sulpice. Or, il n'y a jamais eu de pape de ce nom, ni avant, ni pendant, ni après la période arthurienne. Voir liste des papes. Il s'agit en fait d'une erreur de transcription du nom de Simplicius, pape du 03 mars 468 au 10 mars 483. C'est aussi l'avis de L. Mathey-Maille, p 335.

Uaitne :

Selon le druide Eunerzh (Ialon. N° 3, p 48) : " La petite divinité armoricaine à la lyre est une oeuvre dont l'histoire est probablement à lier à la figure mythique des joueurs de cruit, ou joueurs de lyre celtique, dont Uaitne (Pilier, soutien) était le prototype divin. Ce dernier était musicien du dieu Dagda, (Dagodevos), véritable propriétaire de l'instrument, sur lequel -selon le mythe - il avait fixé les mélodies, de sorte qu'elles ne se fassent entendre que par son ordre; seul sur cet instrument Uaitne, son cruitire, avait le privilège d'interpréter les trois morceaux qui plus tard en Irlande qualifieront tout véritable maître cordophone : l'air du sommeil, Suantraigi, l'air du rire, Cenntraigi, l'air des pleurs, Golltraigi. En fonction même de l'efficacité magique de ces trois airs, et de leur parfaite exécution, le titre comme les fonctions sacrées des fili, revenaient alors à l'instrumentiste."

Selon Ch.J Guyonvarc'h et Fr. Le Roux (Les Druides. p 418) : " Uaithne (Harmonie) : nom de la harpe et du harpiste du Dagda. Le mot a plusieurs sens : 1. Bois, pilier; peine, travail; 2. suture; 3. jonction, union, concordance; 4. accord musical, harmonie. Les divergences des significations doivent être la conséquence de métaphores successives."

Ulfin : compagnon et chambellan d'Arthur.

Uther Pendragon :

Selon les Romans (Merlin; chap IV) Uther Pendragon et son frère Moine étaient fils du roi de Bretagne Constant. Leur père ayant été éliminé par Vortigern, un ami de Constant a mis les enfants en protection à Bourges en Berry.

Selon Geoffroy de Monmouth, Il s'est tout d'abord appelé Uther, avant d'être surnommé Pendragon à partir de sa fonction, c'est-à-dire magister equitum = commandant de cavalerie. Il est le 3ème fils de Constantin III, empereur d'Occident, 407/ 411 et frère d'Aurelius Ambrosius (chronologie difficile !). Il est le père, par sa relation puis son mariage avec Ygerne, de deux enfants: Arthur, puis Anna. Toujours selon Geoffroy il est mort empoisonné et a été inhumé dans le Cercle des Géants (Stonehenge), non loin du monastère d'Ambrius.

Étymologie d'Uther : apparemment non résolue.

- Victor ? Prénom d'origine romaine très connu et très utilisé de tous temps, aussi bien au masculin qu'au féminin : Victoria, prénom et épithète d'impératrices.

- Hector ? Prénom d'origine grecque.

- Eu-(T)er ? peut-être d'origine celtique, dans laquelle on pourrait voir une première partie en *Eu = bon, heureux. La deuxième partie pourrait être issue d'un théonyme.

Vierge (Virgo) : Constellation ainsi nommée en l'honneur d'Erigoné, fille d'Icare, tuée par des paysans enivrés par le vin de Liber Pater / Bacchus. (Mythographe, I,19,3, lui-même extrait de Servius, Géorgiques, 2,389).

Viviane / Vivienne (Uiuiane, Uiniane, Uiuiane, Nymenche, Niniane, Nivienne, Nimue) : Fille de Dyonas, elle devient à l'âge de 12 ans l'amante de Merlin.

L'étude étymologique de ce nom a été très controversée. Mais d'un avis quasi général, la symbolique de ce nom est mise en rapport avec des sources, des endroits humides ou des marais.

- B. Tanguy : On peut en effet y voir un doublet gwig (gallois jaillissant) et Eienen / Eien : source. Cette voie de recherche permettrait un rapprochement avec le thème de la fontaine bouillonnante.

- J. Markale (Merlin l'enchanteur, p 115 et suiv.) identifie Nymenche / Nimue à Niamh < nem = ciel. Il cite également le nom de la rivière Ninian voisine de Paimpont, ainsi qu'un Saint Ninian. L'explication qu'il en donne aboutit à céleste, fée.

- JCE : On peut aussi y voir les racines *Vivi- = lat vivere, et *(g)an = marais, et signifie (la femme) qui vit (dans les, près des) marais, la racine gan étant un synonyme de Br°c-. Le processus est le même que pour Deva Anna > Diane.

Le nom étant également donné sous la forme Nimue, on peut le rapprocher d'un micro-toponyme de Paule, à savoir un nom de champ entre Coatulas et Bréssilien : Parc Néo, par flexion connue du m en o.(cf Namnètes = Naoned) pour donner localement Champ (ou pré) de Nem-.

Le prénom Vivianus est déjà cité comme nom d'homme chez Tacite (début IIè siècle).

C. Mercier et P. Daco, en accord avec A. Dauzat, donnent pour étymologie à Viviane le latin mystique vividus, qui veut dire vivant. Ils citent une Sainte Viviane, ou Bibiane, qui aurait été martyrisée à Rome, fouettée jusqu'à ce que mort s'en suive, au IIIè ou IVè siècle.

Je peux également rappeler Flavius Vivianus, consul pour l'Est en 463.

On pourrait soulever le nom de peule gaulois des Bituriges Vivisci (ou Iosci), démembrement des Bituriges Cubi et installés dans la région de Bordeaux.

Certains commentateurs ont tout simplement qualifié Viviane de fille du châtelain de Comper (G. Geffroy. p 164), en relation avec la tradition usurpée de Paimpont. Il est bon alors de rappeler que le nom de la parcelle qui jouxte la fontaine de Saint-Symphorien en Paule : Liors ar Comper. Voir le cadastre.

Voltiger : voir Vortigern.

Vortigern : Dux de Bretagne. Malheureusement célèbre pour avoir fait venir en Bretagne des mercenaires Jutes qui se sont ensuite retournés contre les Bretons et qui avec l'aide des Angles et des Saxons, sont parvenus à détruire l'unité politique, territoriale et ethnique des Bretons.

Vortigern a été proclamé dux, par l'assemblée des barons et des comtes de Bretagne, vers 425. Il a disparu dans l'anéantissement par le feu de la forteresse dans laquelle il s'était réfugié, devant la fureur des nationaliste britto-romains cymri opposés à la soumission aux anglo-saxons. Sa mort suit de peu la défaite bretonne de Crayford, soit peu après 457. Hutchings donne quant à lui la date de 461.

Le nom de Vortigern est présenté dans plusieurs éditions sous la forme Voltiger.

Vortimer : voir Mortimer.

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